Arrêt des Mots. Je préfère continuer en version papier.
Arrêt des Mots. Je préfère continuer en version papier.
3 mars. Il est bon de se ménager du temps de loisir. Jeux vidéos, dvd et autres hobbies qui vident complètement l’esprit. Jouer un rôle intellectuel, bourgeois et méprisant, ça a son charme mais
trop de sérieux tue le sérieux. Il faut rigoler de temps en temps, faire le no-life, ne pas hésiter à se faire plaisir !
J’ai toujours eu une passion pour les RPG et je ne m’en cache pas. Aujourd’hui, les mmo ont remplacé mes jeux d’antan, je joue à WoW et j’en suis fier ! Le monde est bien fait, il y a tout un
univers derrière, une histoire, on s’implique, on s’amuse, on rencontre des tas de gens intéressants. J’ai d’excellents souvenirs en jeu et je pense vraiment que les jeux massivement
multi-joueurs sont l’avenir. Bientôt, nous serons tous connecté au réseau et chacun pourra créer une partie du cyber-univers. Tout s’y passera, ce sera un nouveau continent à explorer.
Ces dernières années, la technologie s’est développé à une vitesse folle. Nous sommes entré dans un nouvel âge. Des outils qu’on croirait tout droit sorti de la science-fiction sont en train
d’envahir le marché. C’est fou, quand j’étais enfant, si on m’avait dit qu’on aurait dix ans plus tard des visiophones portables, des jeux où des milliers de personnes seraient connectés en
même temps, des mini pc… et même les écrans plats tout basiques m’auraient paru irréels ! Dire que j’ai connu les minitels, les premiers jeux en 3D et les K7 !
Il parait que c’est notre génération qui aura les premiers contacts avec les extra-terrestres. L’astronomie avance également à une vitesse folle et certains scientifiques pensent déjà avoir
trouvé une seconde terre. La révélation que ça serait… nous ne sommes pas seuls dans l’univers, il y a d’autres êtres, d’autres civilisations… le monde entier arrêterait de se battre pour
regarder les étoiles. Les romans de science-fiction prendraient un nouvel essor, on arrêterait d’écrire du nombrilisme parisien, des fonds seraient levés pour la recherche, toutes les forces
vives seraient dirigées vers l’espace.
D’autres peuples… d’autres histoires… ce serait grandiose. J’irai, je m’embarquerai, j’irai explorer l’univers pour aller à la rencontre de ses autres civilisations. Je voudrai les connaître,
entendre leurs récits, voir leurs paysages, m’imprégner de leur culture. Ca fait rêver. L’espace est infini, il doit y avoir des milliers de civilisations. Ce serait comme remonter le temps, car
toutes ne sont forcément pas au même point. Certaines sont certainement surévolués maitrisant le voyage stellaire, construisant des stations de vie autour d’étoiles, ayant dépassé notre niveau de
technologie depuis bien longtemps, alors que d’autres peuvent n’être qu’à l’âge de pierre ou à l’antiquité ! Sans oublier les potentiels de monde, vie microbienne, planètes à peine formée,
jungles préhistoriques, océans de lave… notre temps n’est rien à l’échelle de l’univers, beaucoup de choses ont déjà eut lieu et encore plus seront.
On perd pied en pensant à ça. Nos soucis paraissent bien dérisoires en comparaison ! Imaginez qu’il y a des milliards d’années avant et après nous, penser que nous ne sommes qu’une poussière
insignifiante dans tout cela, rêver et se perdre dans l’infini du temps et de l’espace. Rahhhh, je veux vivre ! Je veux explorer l’univers et le temps ! Je veux tout comprendre, tout voir,
assister à la naissance de tous les mondes, voir défiler l’histoire de toutes les races ! Dieu a de la chance d’être omniscient. Il n’a pas une place d’assistant pour moi ?
2 mars. Ma jambe droite me fait mal. Je me demande combien de temps je pourrais encore l’utiliser. J’ai trop forcé et je commence à en payer le prix fort. Demain, j’ai encore beaucoup de
kilomètres à me faire en étant aussi chargé qu’aujourd’hui, j’espère qu’elle tiendra !
Je pense rarement au demain. Je vis au jour le jour, profitant simplement du moment présent. Contrairement aux animaux, l’homme peut se projeter dans l’avenir, mais à ses risques et périls. Le
futur peut faire peur, on s’y perd, on fantasme, on se noie dans un mirage et on oublie le présent. Quand passé, présent et futur se mélangent pour former une œuvre chaotique, quand l’esprit
s’égare, quand les regrets se mêlent aux espoirs, quand l’avenir parait plus doré que le ici et maintenant, il y a le risque de perdre la tête. Vivre, respirer, laisser les secondes s’écouler
sans forcer le destin. On verra bien ce qui se passera.
Comment les gens font pour travailler huit heures par jour tous les jours de l’année ? Même dans un poste sans contrainte physique, il y a la lassitude. Gestes répétitifs, enfermement dans un
bureau, perte de temps, le salariat est vraiment un cauchemar ! J’envie les artisans. Ils sont à leur compte, ils gagnent leur vie en exerçant une passion, ils savent qu’ils travaillent pour eux
et par pour un abruti qu’ils ne verront jamais. Etre entrepreneur doit vraiment procurer des sources de satisfaction. Si tu réussis, c’est seulement grâce à toi. C’est ton projet qui est mené à
bien, tu sais pourquoi tu es fatigué à la fin de la journée, tu as gagné ton pain à la sueur de ton front.
L’idée d’ouvrir un restaurant m’est revenu en tête dernièrement. Hier, je suis resté bêtement figé devant un livre de cuisine ! Je sais pas, ça m’a donné envie de recommencer. Mais à mon compte,
pas sous les ordres d’un chef. Faire ce que je veux, arrêter avec la cuisine traditionnelle française campagnarde, riche en sauce et en graisse. Des abats, des plats de bœufs, du porc… beurk.
Créer une nouvelle cuisine, fraiche, parfumée et légère. Soupes, sushis, salades… des trucs dans le genre. Il faut exercer une activité manuelle. Réfléchir, c’est bien, courir aussi, mais il faut
faire bouger ses doigts, créer quelques chose avec ses mains, que ce soit un objet ou autre chose. Jardiner, tricoter, cuisiner, construire… faire travailler le corps en même temps que l’esprit.
L’homme a besoin de créer quelque chose de matériel. Faudrait que je m’y remette, ça me ferait du bien.
Je me suis acheté un livre de Lovecraft. Cela fait longtemps que j’en entend parler, mais je n’ai jamais eu l’occasion de lire ses écrits. J’aimerai bien commencer Poe et continuer King aussi.
Mes idées progressent pour mon roman, mon inspiration revient peu à peu. Je construit mon univers, je monte la scène et tente de créer une ambiance. Je commencerai ce week-end certainement. Ce
sera magnifique.
Premier mars. Le premier vrai jour de printemps avant l’heure. Le soleil a brillé, et les gens avaient le sourire. Tout le monde en avait plus qu’assez de l’hiver, ça fait du bien. Bien sûr, il y
a toujours des abrutis qui vivent dans des ruelles continuellement sombres pour qui ça ne change rien. Etre hargneux sous ses 60 kg d’os fait parti du style arabe, c’est être contraire à la
tradition d’être aimable et de bonne humeur.
Fatigué quand même. J’ai toujours eu les articulations des jambes fragiles. Je les sens, je me demande combien de temps elles tiendront encore ? Faut dire qu’à une époque, je courais et je
passais ma vie avec des poids aux chevilles… c’était idiot. Ne faites jamais ça !
Toujours cette envie d’être fort, de voir où sont mes limites pour les dépasser, de souffrir, de se sentir vivant. Voir le ciel, voler vers l’horizon, courir, nager, sauter. Entendre son cœur
battre. Il faut vivre quand on est jeune, garder le corps en bonne santé, voir jusqu’où on peut aller.
Je ne sais pas de quoi sera fait demain, et ça me plait. J’ai bien sûr des projets, des sorties de secours mais tout peut arriver. Demain est un autre jour, le monde ne tourne pas autour de moi.
Je ne suis qu’un homme dans le tout. Vivre pour voir le lendemain, c’est pas mal comme ambition !
Sans regrets, sans peurs. Je vis comme je le pense, comme je le veux et qui vivra verra. C’est tout. J’avance sur mon chemin, arpentant la voie que j’ai choisi. A mon rythme, progressant pas à
pas. Je ne suis pas jaloux des autres, je les regarde souvent de haut mais ce n’est pas à cause de l’envie. Je vois, je réfléchis, je juge. Ils font aussi ce qu’ils veulent, c’est pas leur faute
s’ils avancent dans le mur…
28 février. Je suis fort. Je le sais. Le printemps est revenu, apportant avec lui ma totale confiance. Tous ceux qui me rencontrent ont conscience de ma force. On me parle, on baisse la tête ou
on joue des épaules. On fait semblant d’être un mec cool pour tenter d’être au niveau.
Il y a du travail cette semaine, mais tant que le soleil brille, je m’en fous. Je n’ai juste pas le temps d’aller à la salle, dommage. J’ai l’intention de reprendre aussi l’entrainement à la
maison. La salle de sport ne suffit pas, il faut faire plus. Souffrir, dépasser ses limites. C’est bien beau de se muscler mais si derrière, le cœur et le mental ne suivent pas, ça ne sert
strictement à rien.
Il y a énormément de types qui ont tous dans les muscles et rien autre part. A notre époque, il est facile de se faire un physique. Ou tout du moins, de faire illusion.
Ca me fait rire, les petits bonhommes que je croise en fitness qui se vantent de leurs exploits physiques. Ca se voit qu’ils n’ont jamais été dans une vraie salle où il y a des monstres de
puissance ! Des gars qui ont des bras de la taille de mes cuisses, qui vivent pour s’entrainer et qui te soulèvent plus de 200 kg au développé couché. Il y une différence énorme entre s’entrainer
pour la frime et s’entrainer pour la performance.
Rien que le mec qui est sensé être le coach de la salle où je vais régulièrement. Un petit gros, des muscles courts et moches. Encore un qui ne connait pas le b-a-ba de son métier. Il s’est mal
entrainé, jamais étiré et en plus d’avoir une mauvaise physionomie de départ n’a jamais tenté de travailler correctement. De toute façon, les muscles ne vont pas aux petits… leur physique n’est
pas adapté et ils ont plus l’air obèse qu’athlétiques.
C’est important le physique. On ne peut pas être sain mentalement sans l’être physiquement. Il faut avoir confiance en son corps pour pouvoir bien exprimer le potentiel de son esprit. C’est un
tout. Nous sommes incarnés, il ne faut pas laisser le corps de côté sous prétexte qu’il tombera en poussière un jour prochain.
Nés de la terre, nous retournerons à la terre. Il ne faut jamais oublier ça. Nous ne sommes pas immortels. Le corps humain est fragile. Une chute dans les escaliers, un accident de voiture, une
balle perdue, un éboulement, un incendie… et il n’y a plus de toi. On vit, on meurt, on voit ce qu’il y après. L’objectif d’une vie n’est pas forcément de vivre vieux, mais de vivre comme on le
veut. Il faut bien vivre, ne pas avoir de regrets, développer ses dons, avancer sur son propre chemin. Je ne dis pas de niaiseries comme il faut être heureux, il faut être gentil, aimable, bien
travailler… c’est idiot car c’est à chacun de suivre sa voie. Tous les chemins ne sont pas identiques. Il faut être soi-même, c’est tout, même si cela signifie être seul et arrogant.
Je réfléchis tout doucement à ma nouvelle histoire. J’ai quelques idées mais surtout cette fois l’intention d’être moi-même. Fini les mondes de Bisounours pour plaire, l’écriture me sert depuis
toujours de déversoir à rage, autant exprimer mes pensées dans un roman.
J’ai envie de m’amuser. Violence, noirceur, ombres, larmes et sang. Je vais explorer les profondeurs de l’âme humaine, montrer la folie, sortir les pires cauchemars. Le monde ne s’en remettra pas
!
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